Perspective

Comprendre les conséquences cardiovasculaires du diabète

January 26, 2022| By Dr. Sandra Mitic | L/H General Industry | Français | English

La Fédération Internationale du Diabète (FID) estime qu’à travers le monde, environ 463 millions de personnes (âgées de 20 à 79 ans) souffrent de diabète, ce qui représente environ 9,3 % de la population mondiale.1 Un peu plus de 90 % souffre de diabète de type 2.2 Les experts prévoient que le nombre de personnes diabétiques atteindra 700 millions au cours des deux prochaines décennies.3 Par conséquent, le diabète demeurera probablement l’un des plus grands défis médicaux pour les sociétés au cours des prochaines années.

Une attention particulière doit être accordée aux conséquences cardiovasculaires du diabète. Le diabète, et même une élévation persistante de la glycémie comme dans le cas du prédiabète, sont les tous deux associés à tous types de maladies cardiovasculaires, principale cause de morbidité et de mortalité parmi la population atteinte.4 Des taux élevés de glycémie augmentent le risque de maladies cardiovasculaires en raison de la dysfonction endothéliale, de l’inflammation et de la toxicité du glucose pour les vaisseaux sanguins.5

Dans le cas du diabète de type 2, la résistance à l’insuline en diminue la tolérance d’une personne, ce qui rend l’hormone moins efficace. Une plus grande quantité d’insuline est nécessaire pour initier l’absorption du glucose par les cellules adipeuses et musculaires ainsi que par le foie. En conséquence, des taux élevés de glucose dans le sang entraînent des dommages locaux, principalement sur les petits vaisseaux sanguins, ce qui provoque une inflammation et une vasodilatation inadéquate.6 En outre, une glycémie élevée est souvent associée à d’autres facteurs de risque métaboliques responsables de lésions vasculaires, comme l’hypertension, la dyslipidémie et l’obésité. Parmi les autres risques, on compte le tabagisme ainsi qu’un faible niveau d’activité physique.

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Le diabète de type 1 est causé par le manque de production d’insuline dû à la destruction par un processus auto-immun des cellules ß du pancréas. Le manque de production d’insuline entraîne une incapacité d’utiliser le glucose comme source d’énergie ou de réguler le taux de sucre dans le sang, ce qui entraîne une hyperglycémie avec les effets toxiques décrits sur les vaisseaux sanguins.

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Les données médicales actuelles montrent que le risque de développer une maladie cardiovasculaire est de 1,6 à 2,6 fois plus élevé chez les personnes diabétiques que chez les personnes non diabétiques.7 Cette association aboutit à une prévalence de 32 % des personnes diabétiques atteintes de maladies cardiovasculaires dans les pays à revenu intermédiaire ou élevé à travers le monde.8 Les maladies coronariennes et les maladies cérébrovasculaires sont les plus courantes. Les maladies cardiovasculaires entraînent une réduction significative de l’espérance de vie des personnes diabétiques. Les chiffres mondiaux montrent que les hommes diabétiques âgés de 50 ans vivent en moyenne 5,8 ans de moins que les personnes du même âge non-diabétiques. Pour les femmes, l’écart est encore plus grand avec une moyenne de 6,4 années d’espérance de vie en moins (Cf. le tableau ci‑dessous). Si l’on fait la distinction entre le diabète de type 1 et le diabète de type 2, l’espérance de vie est encore plus faible pour les personnes atteintes de diabète de type 2. Le diabète de type 2 diminue l’espérance de vie d’au moins dix ans en comparaison avec la population non diabétique, les maladies cardiovasculaires étant la principale cause de décès.9

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Les maladies cardiovasculaires ne sont pas seulement plus fréquentes, mais elles surviennent aussi 10 à 15 ans plus tôt chez les personnes atteintes de diabète que chez les non diabétiques. Le diabète accélère les délais de survenance des premiers événements cardiovasculaires ainsi que l’apparition de lésions aux organes, comme la survenance du premier infarctus du myocarde ou de la première hospitalisation pour insuffisance cardiaque.10 Les personnes atteintes de diabète et d’au moins un facteur de risque cardiovasculaire supplémentaire doivent être considérées comme présentant un risque très élevé et nécessitent réellement une prise en charge par des mesures complètes de cardioprotection.

S’agissant du diabète de type 2, les deux principaux champs de prévention du risque d’athérosclérose sont la gestion du mode de vie et la gestion des facteurs de risque cardiovasculaire. La gestion du mode de vie regroupe les effets positifs de l’exercice physique, de la nutrition, de la gestion du poids et du sevrage tabagique. La gestion des facteurs de risque cardiovasculaire implique des interventions médicales, notamment : les inhibiteurs de l’agrégation plaquettaire, le contrôle de la pression artérielle, l’optimisation du taux de cholestérol dans le sang ainsi que le contrôle de la glycémie.11

En ce qui concerne le diabète de type 1, le contrôle de la glycémie demeure la priorité du traitement.

Bien que le contrôle de l’hyperglycémie présente des avantages pour limiter la survenance d’événements cardiovasculaires, le risque accru d’hypoglycémie et les exigences élevées en matière d’observance font que cette approche thérapeutique n’est pas applicable à tous les patients. D’autres types de traitements sont indispensables pour un nombre toujours croissant de personnes atteintes de diabète et de maladies cardiovasculaires résultant du diabète.

Des essais portants sur de nouveaux traitements antidiabétiques ont déjà montré leurs effets positifs en termes de protection cardiovasculaire. Parmi les nouvelles classes d’agents figurent les agonistes des récepteurs du GLP‑1 (RA GLP‑1) et les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (SGLT‑2) pour le diabète de type 2. D’autres nouvelles méthodes ont vu le jour, comme les thérapies à ARN, les agents ciblant des composantes distinctes de la réponse immunitaire/inflammatoire et les molécules qui bloquent les actions des récepteurs des produits de glycation avancée (RAGE).12 Celles‑ci pourraient constituer de nouvelles thérapies pour lutter contre les conséquences cardiovasculaires du diabète de type 1 et de type 2.

Le secteur de l’assurance doit être préparé à faire face à l’augmentation du nombre de personnes diabétiques dans le portefeuille existant et parmi les nouveaux proposants, en même temps qu’à l’augmentation des risques cardiovasculaires et des autres risques pour la santé associés, tels que les maladies rénales, les neuropathies ou les maladies oculaires. D’un autre côté, on peut espérer que certaines méthodes de traitement en cours de développement auront, à l’avenir, une influence positive sur l’évolution du diabète et de ses comorbidités.

Saviez-vous déjà que le diabète est aussi intimement associé aux problèmes de santé mentale ? Pour en savoir plus, consultez notre prochain blogue « L’impact du diabète sur la santé mentale » par le Dr Chris Ball.

Notes de fin
  1. Fédération Internationale du Diabète, IDF Diabetes Atlas, 9th edition 2019.
  2. Newman JD et al.; Primary Prevention of Cardiovascular Disease in Diabetes Mellitus ; J Am Coll Cardiol 2017;70:883.
  3. Ibid., voir la note de fin n°1.
  4. Ibid, voir la note de fin n°2.
  5. Ibid., voir la note de fin n°1.
  6. Einarson et al.; Prevalence of cardiovascular disease in type 2 diabetes: a systematic literature review of scientifc evidence from across the world in 2007–2017 ; Cardiovasc Diabetol (2018) 17:83.
  7. Ibid., voir la note de fin n°1.
  8. Ibid.
  9. Ibid, voir la note de fin n°6.
  10. Mc Murray JJV et al.; Heart failure: a cardiovascular outcome in diabetes that can no longer be ignored; Lancet Diabetes Endocrinol 2014; 2:843‑51.
  11. Ibid, voir la note de fin n°2.
  12. Schmidt A.; Diabetes and Cardiovascular Disease: Emerging Therpeutic Approaches. Arterioscler Thromb Vasc Biol. 2019 April; 39(4):558‑568.

 

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