This website uses cookies to provide you with the best possible service. By continuing to use this website, you accept the use of cookies. However, you can change your browser’s cookie settings at any time. You can find further information in our updated data privacy statement.

Perspective

Taux d’intérêt négatifs – La tempête financière parfaite

April 18, 2015| By Tad Montross | L/H General Industry, P/C General Industry | Français | English

Les taux d’intérêt négatifs pourraient bien créer une large tempête financière pour le secteur des assurances, en exerçant simultanément une pression insoutenable sur les revenus d’investissements et le volume de souscription, ainsi qu’en aggravant les risques pour les assureurs internationaux, un taux d’intérêt durablement bas alimentera la volatilité sur les marchés des devises.

Mais pourquoi ? Depuis la crise financière, les banques centrales ont réduit leurs taux d’intérêt pour stimuler la croissance économique. Elles ont acheté des obligations pour augmenter la masse monétaire et stimuler l’inflation, ce qui a entraîné une hausse du prix des obligations et une baisse des rendements.

Mais les assureurs investissent majoritairement dans des titres à revenu fixe et dans un monde où les taux d’intérêt sont historiquement bas et ont tendance à baisser, il est tentant de rechercher le rendement en réduisant la qualité du crédit et/ou en augmentant sa durée. Les deux stratégies ne font qu’amplifier le risque. La volatilité des devises renforce les risques encourus par les portefeuilles de titres à revenu fixe et accentue le déséquilibre entre les actifs et les passifs.

Du côté des passifs, la tarification des assurances prend en compte, implicitement ou explicitement, la valeur temps de l’argent investi, en particulier pour les secteurs d’activité à déroulement long. Le problème réside dans le fait que les taux d’intérêt ayant baissé, la part des profits de souscription dans le rendement total doit augmenter afin de permettre aux assureurs de générer de semblables retours sur fonds propres.

En 2010, un ratio combiné de 100% pour le secteur Dommages/RC aux États-Unis a un retour sur fonds propres de 7,9 %, à comparer avec le même ratio combiné de 100 % en 1979 pour retour de 16 %. Alors que les bons du Trésor américain à 10 ans affichent un rendement de 2 %, le ratio combiné doit maintenant se situer autour de 90 à 95 % pour générer un retour sur fond propre suffisant.

En Europe, le rendement des bons à 5 et 7 ans étant à présent négatif, le ratio combiné doit être encore plus bas pour afficher un retour acceptable.

Les taux d’intérêt négatifs constituent un défi majeur pour les assureurs Dommages/RC, à plus forte raison pour les activités Vie, pour lesquelles le calcul de la valeur actuelle nette des futurs flux de trésorerie (primes et sinistres) est effectué à 15 ans ou plus.

La directive Solvabilité II sera mise en œuvre dans moins d’un an : je crois qu’il est juste de dire que, jusqu’à récemment, personne n’envisageait d’actualiser les provisions pour sinistres à payer à des taux d’intérêt négatifs.

Des rendements d’actifs et des taux d’actualisation négatifs appliqués aux provisions produiront indubitablement des résultats intéressants des modèles de capital, compliquant ainsi des décisions cruciales en matière de gestion du capital.

Certains qualifient cet environnement économique de « nouvelle normalité » – mais il est tout sauf normal. Nous traversons des territoires inconnus et, à mesure du déroulement de cette gigantesque expérience de politique monétaire souple, les avis de tempête se feront certainement plus intenses.

 

Stay Up to Date. Subscribe Today.

Contributors

Get to know our global experts

View Contributors