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Perspective

Ma perspective en tant que réassureur au service des assureurs – La réassurance est-elle un produit ou une transaction ?

October 25, 2015| By Robert Jones | P/C General Industry | Français | English

Durant ces dernières semaines, j’ai eu l’opportunité d’assister à plusieurs conférences en Europe et aux Etats-Unis pour la première fois en tant que Président et Directeur Marketing de Gen Re P&C. Compte tenu du renouvellement de janvier à venir, il n’a pas été surprenant d’entendre autant de discussions sur la réassurance, centrées sur l’abondance de capital, les capacités alternatives disponibles et le marché concurrentiel qui en résulte.

Toutefois, il a été surprenant de voir combien cette conversation était focalisée sur la négociation ou la transaction immédiate, plutôt que sur le véritable produit de réassurance. J’ai été fasciné de constater à quel point de nombreuses personnes se concentrent sur les éléments de la transaction, plutôt que sur la réponse du réassureur lorsqu’un sinistre se produit.

De nombreuses compagnies passent énormément de temps à articuler les objectifs du placement, compilant les informations et négociant les tarifs et les termes du contrat. Mais combien de temps passent-elles à évaluer la performance du produit « réel » qu’elles achètent ? En cas de sinistre, quelle sera la réponse apportée par le réassureur au moment de la demande d’indemnisation ? Ceci est comparable à une personne qui veut acheter une voiture et qui se concentre sur le prix et les options, tout en négligeant de vérifier si la voiture démarre et si le fabricant pourra garantir le véhicule qu’il a produit.

En matière de réassurance, la fiabilité, l’engagement sur le marché, la stabilité et la réputation du réassureur doivent être des facteurs-clés dans la décision d’achat. L’acheteur d’un produit de réassurance doit être certain que la réassurance fonctionnera et qu’elle sera fiable durant des années. Lorsque l’acheteur aura besoin d’une prestation, il doit pouvoir compter sur le réassureur pour lui répondre. Pas seulement aujourd’hui, mais dans 10 ans et plus encore.

Dans mes anciennes fonctions en tant que Président d’une compagnie d’assurance, j’ai connu l’expérience frustrante d’essayer d’être indemnisé par les réassureurs des années après la conclusion du contrat. J’ai appris à mes dépens que tous les réassureurs ne se valent pas et qu’il y a réassurance et réassurance – souvent nous n’y pensons pas assez durant la transaction.

J’ai constaté que des réassureurs ayant les mêmes notations financières au moment de l’achat répondaient très différemment lorsqu’il s’agissait de régler le sinistre.

  • Certains mettaient du temps à payer.
  • Certains proposaient de payer seulement une partie de la facture sans fournir de motif valable pour ne pas en payer la totalité.
  • Certains demandaient quantité d’informations qui n’étaient pas en lien avec le sinistre.
  • Certains demandaient la même information que celle déjà fournie dans le but de gagner du temps.
  • Certains contestaient les termes du contrat.
  • Certains contestaient l’obligation de dépense.
  • Certains ne retrouvaient pas le contrat.
  • Certains avaient été rachetés par un autre réassureur… puis un autre… Nous étions alors amenés à discuter des inconnus.
  • Certains considéraient la menace d’arbitrage ou la commutation comme une réponse standard.
  • Certains ne payaient pas du tout.

 

Bien trop souvent nous ne percevions pas 100 pour cent de ce que nous aurions dû.

J’ai malheureusement découvert l’inefficacité du produit – acheté plusieurs années auparavant par des personnes n’appartenant plus à notre société via un intermédiaire avec lequel nous n’avions plus de relations – au moment où l’avis de sinistre était transmis au réassureur. Résultat : depuis ce jour, nous avons considéré différemment la transaction et le produit.

En plus des termes du contrat, des conditions et de la solidité financière, nous avons analysé la motivation du réassureur à être en lien avec l’industrie et sa durée d’existence. Nous avons cherché à comprendre ses pratiques en matière de gestion de sinistres, à étudier sa réputation, ainsi que l’engagement et l’expertise de l’équipe managériale et des experts sinistres. Notre objectif était de mieux discerner les différences entre les produits existants et les prestataires, en ayant en tête ce que nous attendons de la performance du produit de réassurance dans le futur. Ce n’est qu’alors que nous avons pu décider quel réassureur proposait les conditions les plus intéressantes au moment de l’achat du produit. Invariablement, nous avons opté pour la solution en laquelle nous avions le plus confiance dans un avenir proche.

Lors de ces récentes conférences, chacun a pu se faire une opinion du marché concurrentiel de la réassurance, en fonction de son rôle dans l’industrie. Ceux dont l’activité tire un avantage de ces transactions étaient bien entendu les plus prompts à parler de l’abondance de capital et du marché concurrentiel. Mais ceux qui dépendent du produit de réassurance pour exercer savent que ce n’est pas la seule transaction qui compte, mais la qualité de la promesse du réassureur – l’aptitude ET la volonté de répondre au moment venu. Voilà ce qui définit la valeur ultime du produit.

 

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